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  • Eliott Lawton

Consentir sans se sentir con

Ces dernières années, j’ai plus que jamais entendu parler de consentement. Mon retour progressif à la civilisation, et notamment certaines rencontres que j’ai pu faire dans le milieu urbain, m’ont mis en face de cette vague grandissante que j’ai pu explorer depuis.




Pour un néophyte comme moi, cela a été assez difficile d’arriver dans des espaces où l’on parlait de consentement, d’accord conscient ou de toutes sortes d’autres modèles mis en place ces dernières décennies pour faciliter la relation et la rendre plus juste pour tous.


Mais au fond, en quoi ça consiste le consentement ?


Force est de constater qu’une partie de l’histoire nous offre un tableau assez sombre en la matière. Je me souviens de certains cours d’histoire dans lesquels certaines pratiques assez barbares, il faut l’avouer, ne permettaient pas d’imaginer des relations basées sur un consentement consciemment mis au centre en des temps reculés. On parle de viols, de mariages forcés, et de toutes sortes de choses qui ne touchent pas seulement à la sexualité.
Ça veut dire quoi tout ça ?

Et bien, d’après l’expérience que j’ai pu en vivre, consentir c’est donner un accord conscient pour ce qui est en train de se passer ou ce qui pourrait se passer dans le futur. Il est possible de ne pas consentir à certains évènements du passé mais il faudra avouer que ce qui est passé n’est plus réellement modifiable, si ce n’est éventuellement différemment interprétable.


En bref, le consentement parle de prendre position, d’affirmation de soi, d’éthique mais également d’identité.


Depuis l’observation que j’ai pu faire de mes récentes rencontres, j'ai remarqué que la question de l’identité est au cœur de beaucoup de vies actuellement. Qui suis-je ? Qu’est-ce que je veux dans la vie ? Comment j’aimerais vivre ma vie ? Tout autant de questions où les réponses sont non seulement propres à chacun.e, mais également si difficiles à arrêter… Nous sommes à l’ère où il devient vital de trouver son identité pour générer une sensation d’exister si précieusement recherchée. Ce fût un choc pour moi de croiser le chemin de ce genre de questionnement qui, jusqu’alors, ne m’avait par réellement traversé l’esprit. Pour un homme des forêts comme moi, cette notion d’exister à travers une identité était très conceptuelle voire même illusoire.


Accompagné alors de cette légendaire curiosité qui me suit depuis mes débuts, j’ai décidé de plonger dans la question fondamentale de mon identité et de ce à quoi elle pouvait correspondre dans la matière. C’est alors que, naturellement, le monde du consentement conscient s’est très vite ouvert à moi. Dès que j’entame un chemin de pensée qui part de l’affirmation « je », alors naît et se nourrit mon identité et mes choix de vie. Et pourtant cela n’était pas suffisant parce que si je découvre petit à petit qui je suis, j’ai encore à m’occuper de ce que j’en fais maintenant. Le simple fait de faire partie de ce monde nous amène tou.te.s à vivre des expériences qui défilent sous nos yeux.


Comme beaucoup, avant de pouvoir me connecter à ce que je désirais vraiment, j’ai commencé par expérimenter, par tester les limites, par me brûler mais également par avoir de belles surprises.


Peu importe si je ressens le désir de vivre ce qui se présente à moi ou pas, ce positionnement à un instant T partant d’un simple oui ou non représente en réalité l’ouverture d’une voie. C’est comme se balader sur un chemin dans une forêt, décider de tourner à droite, et se retrouver au beau milieu d’une clairière. Nouvelle nature, nouvelles expériences, nouvelle vision, nouveauté…


Très rapidement, je me suis senti frustré de ne pas arriver systématiquement à faire le bon choix. Evidemment, cela n’aurait pu se faire sans l’intervention de cette éducation cherchant sans cesse la perfection. Sans la blâmer, je me suis plutôt servi de ce point de départ pour me poser la question suivante : depuis quel endroit en moi je dois répondre à ce genre de question ? La tête, le cœur, le corps, ou bien d’un endroit dont je ne soupçonne même pas l’existence ? Pour une personne qui a plutôt pratiqué le laisser aller dans sa vie, cette épreuve semblait d’une difficulté rarement rencontrée. Avec le recul je me dis qu’il est complexe de ne pas se prendre au sérieux quand on parle de quelque chose de profond qui ne concerne que soi-même.


J’ai donc entrepris de continuer mes expérimentations en mettant de la conscience sur l’endroit depuis lequel je consentais ou non. Cette expérience fût, je dois l’avouer, assez déstabilisante car m’est alors venu la vision de différentes parts de moi se trouvant en opposition. Peut-être as-tu déjà ressenti que parfois la difficulté de faire un choix réside à l’endroit où l’on se rend compte que suivant la part de soi que l’on écoute, la réponse sera différente. Concrètement, il m’arrive parfois d’être attiré physiquement par une personne et dès lors qu’elle se met à parler, mes envies disparaissent. Non pas que je cherche à dire que certaines de mes rencontres sont parfois inintéressantes, je voulais avec cet exemple plutôt montrer que je peux à la fois être dans un grand oui, ici l’envie de se connecter par le corps, et dans un non catégorique, l’envie de partager par la pensée.


Pour consentir, il faut d’abord ressentir et prendre le temps. Avec la pratique, il est possible que cela se fasse de plus en plus spontanément mais pour débuter, s’offrir le temps nécessaire est déjà le plus beau des cadeaux. Laisser faire, laisser les idées se dérouler jusqu’à leur conclusion car finalement, le consentement c’est un peu comme la conclusion d’un chemin : c’est un oui ou un non (évidemment le monde n’est pas blanc ou noir et la nuance est plus que bienvenue dans ces espaces).


Mais alors, comment consentir sans se sentir con ? Mon conseil est le suivant : « lâche-toi la grappe ! ».

L’écoute est toute aussi précieuse que l’expérience. Vivre en phase avec soi même, c’est pratiquer l’alchimie de l’équilibre entre la créativité spontanée (ce qui vient ici et maintenant) et de mon expérience de vie (d’où je viens). Il n’y a pas de recette miracle qui guérira le monde entier et je dirais « Encore heureux !».

J’aime la diversité et je me fascine des différences.


Peut-être est-il important pour toi de trouver ta voie, sache alors que tu es déjà sur le chemin, peu importe ce que tu en penses.


Cet article a été pour moi assez difficile à écrire car je sens qu’il n’est pas simple de trouver les bons mots pour exprimer certaines de mes pensées. Sur cet aveu authentique, je souhaite au monde et à celleux qui le composent de ressentir, de choisir et de profiter.


Avec mes vœux d’amours, à très vite.

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